16.06.2006
la vie damascene... fin...
samedi 10 juin
Installée dans un service qui me ramene a Bab Touma, je rentre de chez Oussama où je viens de passer la fin d'apres midi. Nous avons passé un long moment à ne rien faire, assis sur la terrasse autour d'un verre de thé... Pas besoin de se dire quoi que ce soit pour sentir la tristesse de la separation qui se rapproche, menacant de nous faire oublier de si doux moments partagés tous ensemble... En même temps, la voix éraillée du père qui raconte Qunaytra et le visage de la mère dont les tatouages bleus semblent témoigner d'une si longue histoire, sont là comme pour apaiser nos petites peines... dérisoires... La ligne à haute tension qui grésille inlassablement dans le ciel bleu sur le declin, le bruit du vent entre les toiles d'Oussama suspendues au fil à linge comme autant d'étoffes aux couleurs sombres, le choeur des rires de Kawthar et Nessrine, les tâches de pastels sur les doigts de Ritta... Le vol des hirondelles puis la clameur lointaine du chant de l'homme qui rappelle à l'homme qu'il est temps...
Etrange comme on cultive l'art de ne jamais savoir ce que l'on désire réellement...
En même temps si pressée de rentrer, de vous retrouver... en même temps, le coeur si serré de devoir quitter ces gens auxquels je ne pensais pas tant m'attacher, quand je ne sais même pas si, au gré de la vie, je les retrouverai un jour ou non...
C'est à tout cela que je pensais en rentrant de Jawbar, le long de cette immense avenue couleur de terre illuminee par les dernières lueurs du jour... Installée dans un service qui me ramène à Bab Touma, assise dos au chauffeur, c'est tout cela que je vois défiler... Et plus encore... J'ai la sensation que tous ces instants font déjà partie d'un passé qui me file entre les doigts comme autant de souvenirs découpés et collés sur les pages d'un cahier et que l'on essaie de ne pas oublier...
A cet instant je savais que je ne serai jamais sans revenir ici un jour...
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Commentaires
bon courage pour le retour. La séparation ne sera peut-être pas aussi définitive ? Qui sait ?
A bientôt de te voir en chair et en os.
Bisous. Fab.
Ecrit par : Fabienne | 19.06.2006
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